managers satisfaitsNon, les managers n’ont pas le blues. Ils sont 87 % à aimer leur métier et autant à se déclarer très engagés dans le projet de leur organisation, nous apprend une enquête TNS Sofres menée pour le compte du cabinet de conseil et formation Oasys Mobilisation auprès de 752 managers et 752 collaborateurs.

S’il faut parler de malaise de cadres, il concernerait plutôt ceux n’ayant pas de responsabilités managériales, précise d’ailleurs les auteurs de l’étude. Ainsi, l’indice d’engagement individuel des managers s’établit-il à un niveau élevé de 69, contre 52 pour les cadres non managers, un niveau proche des salariés lambda (50).

Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur de monde ? Loin de là. Même si apparemment les points négatifs ne semblent donc pas entacher la posture positive des managers. Au chapitre des difficultés auxquelles ils doivent faire face, la pression du court-terme est citée par 67 % d’entre eux. Et 57 % pointent le manque de coopération interservices.

Leurs autres difficultés, citées par la moitié des managers interrogés, sont les directives contradictoires, la réunionite et le reporting.

Enfin, ils sont 42 % à déplorer les processus qui compliquent leur travail au quotidien et 39 % à se plaindre de devoir passer plus de temps à des activités de pilotage qu’au management de leurs équipes, ce qui constitue là aussi une source de complication dans leur mission.

Managers et managés, pas sur la même longueur d’onde

Sur le plan du management, justement, les interrogés se montrent plutôt satisfaits d’eux-mêmes. Problème : leur perception de cette dimension est loin de rejoindre celle des managés.

Tandis que 60 % des managers estiment que les collaborateurs peuvent s’adresser librement à eux, seuls 40 % des seconds partagent ce point de vue. De même, ils sont 90 % à juger consacrer le temps nécessaire à leur équipe pour relayer la stratégie des objectifs de l’entreprise, alors que 60 % des collaborateurs sont du même avis.

Managers et managés ne sont pas non plus sur la même longueur d’onde à propos des savoir-être, indique les auteurs de l’étude. « Il y a un “malentendu” comportemental notable entre les managers et les salariés : 36 points séparent le point de vue des managers et des collaborateurs pour la dimension fédérateur ; l’écart est de 33 pour la capacité à motiver », écrivent-ils.

L’écart le plus élevé concerne la qualité de vie au travail, un enjeu auquel les collaborateurs portent une attention grandissante indique par ailleurs l’étude. Si 92% des managers considèrent qu’ils savent bien gérer l’équilibre entre la productivité et le bien-être de l’équipe, 42% des collaborateurs pensent le contraire…

Enfin, tandis que 82 % des managers sont confiants dans leurs compétences managériales, 37 % des salariés estiment que c’est à tort.

Petite consolation, la perception managers-managés se rapproche sur trois domaines, même si les écarts peuvent rester importants. Ainsi, les managers se voient-ils comme des facilitateurs à 93 %, un avis partagé par 66 % des salariés, des leaders à 86 % (contre 61 % pour les collaborateurs) et exigeants à 82 % (contre 61 % pour les collaborateurs).

Espérons que ces différents résultats ne remettront pas en cause leur engagement ou leur amour de leur métier. Mais aussi qu’ils les aideront à être un peu moins béatement satisfaits.

Article rédigé par Stéphane Moracchini. Retrouvez l’intégralité de l’article ici.