Comment accompagner la professionnalisation des managers dans la durée ?

La solution peut venir de l’extérieur avec des formations descendantes qui vont apporter méthodes et outils, du coaching collectif, du coaching individuel …
Et elle peut aussi venir de l’intérieur et faciliter le développement des managers en les faisant participer à des ateliers de codéveloppement.

En premier lieu, de quoi parle-t-on quand on parle de codéveloppement ?

C’est une méthode d’apprentissage qui permet à un groupe de pairs de travailler ensemble pour résoudre les problèmes pratiques d’un des leurs en 1H30 et un outil de professionnalisation pour développer ses compétences en partageant des expériences.

C’est donc mettre son intelligence et sa bienveillance au service de l’autre, sans jugement ni rapport de force.

Le processus est simple, efficace, économique et peu consommateur de temps et il se déroule dans un cadre structuré et protecteur. On parle bien d’un processus car on ne travaille pas en codéveloppement en « one shot » mais dans la durée. Le même groupe se réunit plusieurs fois et s’il le souhaite le plus longtemps possible tant que chacun apprend l’un de l’autre.

Il nous vient du Canada, ses « fondateurs » Adrien Payette & Claude Champagne » le définissent comme « une approche de formation pragmatique qui mise sur le groupe et sur les interactions entre les participants pour améliorer leur pratique professionnelle et qui vise fondamentalement un but partagé entre les participants : élargir et enrichir ses capacités d’action, de réflexion et d’interactions à partir de ses situations professionnelles réelles. »

C’est un espace privilégié qui permet de lutter contre la solitude du manager et de partager sur son quotidien, ses réflexions au sein d’un groupe qui privilégie la sincérité, la transparence et le respect de l’autre. On y cultive la transversalité et l’autonomie, les réseaux internes et la solidarité, l’entraide et le parler vrai.

Si certains mettent en avant le frein de la confidentialité à sa mise en œuvre, on peut y voir aussi la peur de ne pas contrôler le groupe, ce qui s’y passe ou ce qu’il s’y dit. En réalité,  c’est aussi et surtout l’opportunité de laisser la place et la puissance à chaque membre du groupe, l’empowerment au sens premier du terme.

Le mieux est d’écouter les retours d’expérience des participants et leurs verbatim :

« Le codéveloppement apprend la tolérance, la diversité des idées et des cadres de pensée »

« Il y a une culture de la divergence et ceci fait du bien »

 « C’est une école de solidarité et de respect et de respect de la vie »

 

 

 

Marie-Noëlle DURAND